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Parcours Scolaire - Pieges à eviter Version imprimable Votre e-mail

 

 

MATERNELLE

 

1- Avec l'évaluation et le PEI : inscription en maternelle

 

           L’inscription à la maternelle doit se faire automatiquement. Les parents sont et restent les premiers éducateurs de leur enfant. Ils doivent donc être les instigateurs, ceux qui dirigent l’équipe éducative. Bien sûr, ils ne vont pas remplacer les enseignants ou l’orthophoniste mais par leur compétence dans la connaissance de leur enfant ils vont pouvoir indiquer aux différents intervenants ce qu’ils vont pouvoir mettre en place dans leur domaine de compétence : l’institutrice va adapter ce qu’elle sait de la pédagogie à ce qu’elle va apprendre sur le handicap de l’enfant qu’elle a dans sa classe, l’orthophoniste va pouvoir adapter ce qu’elle sait de ses méthodes orthophoniques du handicap de l’enfant qu’elle suit dans son cabinet.

            Les parents ne sont pas responsables du handicap de leur enfant donc ils ne doivent pas se sentir coupables d’avoir un enfant comme celui-là. Ils ne doivent pas se présenter à l’école en s’excusant ou en se sentant diminués. Leur enfant est particulier et ils savent pourquoi. Une réunion avec le chef d’établissement et l’enseignant doit être prévue en début d’année, quinze jours après la rentrée pour mettre en place rapidement le PEI. Il faut éviter que s’installent chez l’enfant et chez l’enseignant de mauvaises habitudes dès le début. Ne pas écouter les mauvaises raisons données pour ne pas accueillir l’enfant : il n’est pas propre, il est dangereux car il griffe ou mord les autres, il crie et perturbe la classe.

         En ce qui concerne la propreté, d’autres enfants dits normaux n’ont pas de couches mais font pipi sur eux régulièrement, c’est pour cette raison d’ailleurs que les maternelles ont dans leurs placards des vêtements de change. Les enfants avec un handicap ne vont pas être plus en avance pour la propreté que les enfants sans handicap. Il est donc normal qu’on les accepte avec des couches, ce qui est plus hygiénique que les enfants sans couche qui font pipi sur la moquette !

         En ce qui concerne les problèmes de comportement il n’y en aura pas si on met en place dans la classe un système de communication par images. Les enseignants font déjà de la communication par images avec les petits de maternelle mais il s’agira ici d’une communication spécifique à l’enfant avec autisme : il aura son tableau avec son emploi du temps dans un coin de la classe avec les photos ou les pictogrammes spécifiques, les mêmes que ceux qu’il aura chez lui ou qu’il retrouvera chez son orthophoniste. Si l’enseignant prétexte qu’il n’est pas formé pour appliquer cette méthode éducative, vous aurez plusieurs réponses possibles :

            - soit vous lui dites que cette méthode s’inspire de leur formation à l’IUFM sur les images et les photos à montrer aux enfants qui ne savent pas encore lire. On part du principe que les enfants sont surtout plutôt visuels qu’auditifs lorsqu’ils sont petits.

            - soit vous lui dites qu’il faudrait envisager une aide humaine dans la classe pour l’aider à apporter uniquement sa pédagogie et non la technique éducative spécifique qui sera pratiquée uniquement par la personne qui accompagne l’enfant.


1.2– Parents partenaires de l’enseignant pour un travail complémentaire

            En règle générale les parents apportent les solutions adéquates pour une scolarisation optimale. Ils ne doivent pas être des personnes qui donnent des conseils aux autres sans faire eux-mêmes. Les intervenants de l’enfant ne doivent pas avoir la sensation désagréable que les parents se reposent sur eux. Si les parents ne se sentent pas capables de mettre en place chez eux la méthode PECS (par exemple) ils devront se faire aider par la psychologue qui aura fait l’évaluation de leur enfant.

             Les parents ont le droit de ne pas se sentir compétents pour éduquer avec des méthodes spécifiques leur enfant avec autisme mais, dans ce cas, ils devront s’entourer de personnes compétentes pour les aider. Petit à petit ils apprendront à communiquer avec leur enfant « socialement sourd et aveugle ». En effet, le handicap de l’autisme est bien un handicap touchant la socialisation et la communication sociale.

            Comme les parents qui ont des enfants sourds vont apprendre le langage des signes, les parents qui ont des enfants avec autisme vont apprendre la communication par images, indispensables pour voir progresser leur enfant dans la compréhension sociale de notre société.

             Les parents vont donc être des partenaires à part entière, au même titre que les autres intervenants qui travaillent avec l’enfant. Ils le sont d’autant plus qu’ils vivent avec leur enfant jour et nuit, qu’ils connaissent son caractère, ses phobies, ses goûts. Toutes les informations qu’ils pourront apporter aux autres intervenants seront précieuses pour le travail de chacun. Chacun doit rester dans ses limites de compétence sans vouloir tout contrôler.

            Très important : Les parents doivent donner de la documentation sur le handicap spécifique de leur enfant à l’école (directrice et enseignant). Ils peuvent prêter des livres à l’enseignant : celui-ci les lira ou ne les lira pas mais saura que ce handicap est connu et reconnu et ne pourra se retrancher derrière le fait que personne ne connaît l’autisme et qu’il s’agit d’un mystère non encore élucidé. Il ne pourra plus, non plus, dire qu’il n’est pas formé à ce handicap, car ce n’est pas ce qu’on lui demande. Les parents sont là pour se former, déjà pour eux-mêmes afin de mieux comprendre leur enfant, et pour les autres. Les parents ne font qu’informer l’enseignant afin qu’il puisse appliquer ses compétences pédagogiques de façon spécifique.


1.3– Passage de classe : Priorité sur le « niveau scolaire » : appartenance au groupe classe

            Les passages de classe doivent être faits quel que soit le niveau scolaire atteint. En effet, il est important pour l’enfant porteur d’autisme, aveugle social, de rester avec son groupe classe car les enfants de sa classe le connaissent bien et l’acceptent facilement. Il y a rarement des difficultés chez les enfants pour communiquer avec un enfant différent, surtout dans les classes de maternelle. Il doit donc rester  dans un groupe où il a appris à communiquer, où ses relations avec les autres sont des routines. Tout ce travail de contact visuel et gestuel avec les autres aura été fait en Petite Section de maternelle et ne sera pas à refaire l’année suivante.

            En Moyenne Section il devra déjà s’habituer à rentrer dans une classe différente : souvent ils retournent dans le lieu de l’année précédente pendant une bonne semaine avant de comprendre et d’admettre que cette routine a changé parce qu’ils ont grandi. 

            Parce qu’il est handicapé on ne devra pas regarder son niveau scolaire pour le passage : cette règle doit être appliquée tout au long de sa scolarité du premier degré. Bien que, pour beaucoup de parents le terme d’  « handicapé » soit difficile à prononcer, il faut appeler un chat « un chat ». En sport lorsqu’il y a handicap dans une épreuve sportive pour certains concurrents on les avantage pour égaliser les chances. Un handicap est un désavantage quelconque : ici il s’agit de communication verbale et non verbale inadéquate, d’altérations qualitatives des interactions sociales et de comportements restreints, stéréotypés et répétitifs. A cause de ces désavantages par rapport aux autres il pourra difficilement accéder aux acquisitions scolaires en classe. En effet il devra travailler beaucoup sur ses désavantages car il y sera confronté en premier lieu. C’est pourquoi le placer dans la classe dans un coin où il n’aura pas à subir de façon trop intense et simultanée toutes ces sollicitations sociales sera plus efficace pour qu’il accède aux acquisitions purement scolaires.

             Le mieux, bien sûr, est de travailler ses apprentissages scolaires tout seul avec lui. Le tandem un enfant/un adulte est l’idéal pour les progressions des acquis scolaires. C’est pourquoi, beaucoup de parents choisissent eux-mêmes l’école à mi-temps (tous les matins et non pas l’après-midi au moment de la sieste des autres enfants) pour pouvoir faire travailler leur enfant à la maison les après-midis (eux-mêmes ou un auxiliaire de vie scolaire ou social).

            Il faut savoir qu’il y aura toujours un temps de décalage entre l’apprentissage d’une nouvelle activité et la maîtrise de cette activité par l’enfant. On voit souvent un enfant porteur d’autisme rattraper au premier trimestre de la classe suivante le niveau qu’il aurait dû avoir dans la classe précédente pour passer (logiquement) dans la classe suivante. Vous allez dire : « Mais alors il a toujours du retard ! » : oui, jusqu’à un certain niveau de classe. S’il reste au même niveau de classe, il va refaire tout depuis le début d’année et ne va pas être dans un mouvement de progression en avant. Il risque de s’ennuyer au début d’année (pour les acquis scolaires) et ne plus vouloir faire quoi que ce soit. L’enfant porteur d’autisme doit avoir dans ses routines l’idée que les autres font de nouvelles activités, même si, lui n’y arrive pas tout de suite, il voit faire les autres et ces activités s’impriment dans sa tête jusqu’à ce qu’il veuille bien imiter. Le tour est joué lorsqu’il commence à vouloir imiter les autres. Il est porté par le comportement social et scolaire des autres et ne peut que suivre même avec un décalage. Etre décalé vaut mieux que revenir en arrière dans les activités : l’idée est d’avancer.


1.4 – Objectif principal : passage en CP (déterminant pour la suite du cursus)

            La maternelle est un passage vers la scolarité du primaire. Lors d’une conférence donnée par des inspecteurs d’académie, ceux-ci avaient avoué qu’ils savaient depuis la Petite Section de maternelle qu’un enfant avec un handicap mental ne passerait pas le cap de la maternelle. Ils disaient aussi que, bien que le sachant depuis le début, ils ne le disaient pas aux parents mais préparaient les parents à cette situation accueillant leur enfant de moins en moins longtemps à l’école. De cette façon ils croyaient ménager les parents

              Lorsque l’intégration d’un enfant avec autisme est faite uniquement pour la socialisation il est évident que l’élève va perdre pied au niveau scolaire par rapport aux autres et ce sera facile ensuite de l’éjecter du système scolaire.

            Il faut exiger que les apprentissages scolaires soient donnés aussi à l’élève avec autisme. On peut aménager ces apprentissages en choisissant par exemple les exercices avec le sujet préféré de cet élève, sachant qu’il a des intérêts restreints. On fera découper à un enfant qui adore les feux tricolores, un feu tricolore, un dinosaure à celui qui n’aime que les dinosaures. De cette façon on pourra juger de son habileté au découpage sans être bloqué par l’objet à découper qui , s’il était mal choisi, empêcherait l’enfant de faire l’activité demandée.

            Si on ne choisit pas l’objet ou le sujet adoré de l’enfant on constatera qu’il ne sait pas faire l’activité demandée et le jugement sera donc faux. On constate souvent que les parents rapportent des faits, des actions de leur enfant à la maison, alors qu’à l’école l’enseignant se heurte à un refus de faire. Voir si le sujet sur lequel l’enseignant demande à l’enfant de travailler est bien adéquat.

             L’enfant est trop jeune en maternelle pour comprendre que le sujet n’est pas important pour l’activité demandée. Il comprendra plus tard, après des années de travail intensif.

 

1.5- Réévaluation régulière

             L’évaluation faite en début d’année par une psychologue formée et qui a donné lieu à un PEI, sera refaite en cours d’année si l’on constate une évolution de l’enfant aussi bien dans ses apprentissages scolaires que dans ses contacts sociaux avec ses pairs. A chaque fois, on va s’occuper de ces deux aspects. La relation sociale avec ses pairs est aussi un travail pour l’élève porteur d’autisme, il a donc double travail par rapport à ses pairs, c’est pourquoi un mi-temps tout au long de la maternelle est suffisant car il fatigue vite.

            A chaque évaluation on va refaire un PEI, qui n’a pas besoin d’être très long. Ce PEI permet de savoir où l’on est dans la progression de l’élève et de voir plus facilement les nouveaux objectifs que nous nous fixons.

            L’évaluation ne peut pas être faite par une psychologue scolaire (qui est une institutrice qui a fait deux ans de psychologie) car celle-ci va se heurter à un aspect dont elle n’est pas habituée : les pics de compétence. En effet, comparé à une évaluation faite pour une enfant « neurotypique » elle va se trouver confrontée à une anomalie qu’elle ne pourra pas expliquer ou difficilement. Nos enfants extra-ordinaires vont être capables de faire des activités qu’un enfant neurotypique d’âge supérieur va pouvoir faire et à côté de cela ne vont pas pouvoir faire des activités faites par des enfants du même âge de développement. Par exemple, notre enfant va faire des puzzles de 60 pièces à l’envers à 4 ans mais ne va pas savoir dessiner un bonhomme (sauf si on le lui a appris). Donc, une psychologue formée à l’autisme va savoir comment prendre en compte ses pics de compétences pour fixer les objectifs à court terme dans son PEI.


1.6 – Réunions de CCPE (tribunal pour les parents)

 

            Les réunions de CCPE sont souvent vécues comme de véritables tribunaux où l’on va mettre en avant toutes les difficultés de l’enfant et où les parents n’ont pas droit à la parole. Ces réunions de CCPE doivent se préparer en amont. Il est souvent difficile de parler et de tout dire dans un groupe de plus de deux personnes. Il sera donc préférable que les parents rencontrent, avant cette réunion de CCPE, la directrice et l’enseignant pour faire le point sur les difficultés de l’enfant et aussi sur ses points forts. Ils décideront, en commun accord, des actions à mener, de part et d’autre, pour compenser les difficultés de l’enfant en se servant de ses points forts. Ils élaboreront ensemble un plan d’actions (dans le sens toujours qu’il reste à l’école et qu’il y soit de plus en plus).

              Les réunions de CCPE doivent se faire avec tous les membres de l’équipe éducative, parents compris. Aucun texte officiel n’exige que les parents doivent rester dans la salle d’attente pendant que les décisions se prennent sans eux. J’ai même vu des institutrices attendre dehors avec les parents (les seules personnes qui connaissent le mieux l’enfant, l’enseignant pour le faire travailler en classe, et les parents pour vivre avec lui 24h/24) pendant que les personnes qui connaissent le moins l’enfant délibéraient, la plupart du temps, sans réelle connaissance ni compétence sur la nature du handicap de l’enfant. Une fois que les parents rentrent dans la salle où une sentence est déjà tombée sans eux, on les regarde avec condescendance, au meilleurs des cas, avec un regard accusateur, au pire des cas. On leur annonce alors la décision prise sans eux et on leur demande ce qu’ils en pensent. Soit les parents sont forts psychologiquement et ne se laissent pas abattre sans réagir, soit les parents sont trop anéantis et se laissent aller aux pleurs en défendant leur enfant tant bien que mal. Les parents doivent se sentir toujours les premiers éducateurs de leur enfant. Ils ne doivent pas justifier quoi que ce soit. C’est aux professionnels de justifier leur incapacité à apporter une réponse correcte.

              Les parents doivent simplement rappeler la nature du handicap de leur enfant, ce qu’ils ont mis en place à la maison, ce qui est fait en classe et ce qui doit être fait pour faire progresser leur enfant, en restant dans le registre technique. Ils doivent se présenter comme des professionnels de leur enfant, qui croient à son évolution positive grâce à tous les intervenants autour de la table et argumenter leur foi en leur enfant par des faits positifs et des pratiques professionnelles. Cette réunion doit être un remake de la réunion de l’équipe éducative faite précédemment, cette fois en présence des représentants de l’académie, et des intervenants professionnels auprès de l’enfant (orthophoniste, psychomotricienne, psychologue formée à l’autisme). Le médecin scolaire et la psychologue scolaire, tant qu’ils ne sont pas formés spécifiquement à ce handicap, doivent écouter et s’informer, mais ne peuvent pas intervenir car l’autisme sort de leur champ de compétence.

               Beaucoup de parents, il y a quelques années, réagissaient violemment aux discussions des membres de la CCPE, ce qui empêchait le bon déroulement de la réunion. C’est pourquoi l’habitude a été prise de faire rentrer les parents après les discussions des membres de la CCPE. La leçon a en tirer est que les parents doivent réagir en professionnels de leur enfant, calmes et déterminés. S’ils se sentent incapables de retenir leurs sentiments profonds ils peuvent se faire accompagner par les personnes qu’ils choisissent (un représentant d’association, une psychologue qu’ils voient en libéral et qui n’est pas invitée ou tout autre personne qui connaît l’enfant et qui est formée à son handicap). 

               Les décisions de CCPE se font souvent au premier trimestre. Les membres de la CCPE savent déjà en septembre où ils veulent mettre l’enfant. Les parents doivent leur rappeler que le PEI n’a pas encore été mis en place et donc que les progressions dans les aptitudes sociales et scolaires n’ont pas pu encore être mises en évidence. Les décisions ne peuvent se prendre qu’à la fin du mois de mai ou au début du mois de juin, ce qui ne pose pas de problème majeur puisque le passage de classe se fait de toutes façons en maternelle.


2 PRIMAIRE

2.1  - CP / Classe déterminante à ne pas éviter

        Comme on a vu précédemment l’élève porteur d’autisme passe dans la classe supérieure tous les ans pour suivre son groupe classe. Bien que certains parents se mettent à apprendre à leur enfant, en Grande Section de maternelle, à lire et à écrire pour qu’il soit accepté en CP, cette situation n’est pas normale. Aucun enfant neurotypique ne doit savoir lire et écrire pour accéder au CP. Mais souvent nos enfants extra-ordinaires nous font connaître des situations extra-ordinaires.

                Donc si on s’imagine que notre enfant passe en CP et reconnaît des mots et des sons comme ses pairs, il va pouvoir accéder à l’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Des aménagements devront se faire :

-                  Un enfant non verbal peut très bien apprendre à lire et à écrire mais ne restituera pas oralement ce qu’il lit. Il peut travailler sur un CD ROM de lecture, répondre à des questions simples. Il arrive parfois qu’un enfant qui  ne parlait pas va se mettre à dire des mots, ceux qu’il voit écrits, et petit à petit des phrases, celles qu’il apprend. Les neurotypiques parlent avant d’écrire, les enfants porteurs d’autisme parlent après avoir commencé à écrire. 


             Un enfant porteur d’autisme surtout un enfant avec le syndrome d’Asperger, va avoir des difficultés dans la motricité fine. Sauf s’il est doué en dessin, il va être malhabile pour tenir son stylo. Il faudra travailler alors la motricité fine avec la psychomotricienne et l’orthophoniste. Il ne faudra pas exiger de lui qu’il écrive avec un stylo-plume, comme cela se fait dans beaucoup d’écoles.

 

L’enseignant devra adapter ses exigences aux difficultés de l’élève. Il va beaucoup fatiguer et en fin de matinée ne voudra plus renter en classe. Là aussi on l’attirera en classe par une activité plus ludique ou qui fait appel à sa passion. On pourra l’autoriser à ne pas écrire mais à écouter en le laissant faire ce qu’il aime faire (dessiner, faire des puzzles…) du moment que son activité n’est pas bruyante.

           En conclusion, on lui donnera toutes les chances pour montrer ce qu’il est capable de faire afin de pouvoir prendre une décision pour la suite de la scolarité.          

           Au troisième trimestre arrivera le verdict : peut-il continuer le primaire ou une CLIS peut-elle lui être plus bénéfique ? On s’attachera toujours à regarder son intérêt et non celui des enseignants.  On ne prendra la décision que si on a fait tout ce qu’il convenait de faire pour l’aider : aide humaine, aide matérielle (ordinateur) , adaptation des activités scolaires pour le mettre en confiance et pour éviter les échecs. Les notes ne sont pas obligatoires pour le passage, pas encore. On peut faire une évaluation de ses acquis scolaires sans donner des notes comme pour ses pairs. On dira qu’à partir du moment où il sait lire, écrire et connaît ses chiffres il pourra passer en CE1.

 

 2.2 - CE1 : fin du second cycle : attention

      Rattrapage des lacunes de CP,

      Compenser les difficultés de l'enfant.

            Le CE1 va être l’occasion de rattraper les lacunes qu’il a eu en CP. L’apprentissage de la lecture et de l’écriture a été le travail principal de CP. Il va pouvoir accéder aux autre matières et consolider sa lecture et son écriture.

            Cette classe marque la fin du second cycle : attention. Il doit avoir acquis les exigences principales de fin de second cycle pour le passage en CE2. Il ne s’agit pas, encore une fois, qu’il ait des notes. Il peut avoir des notes dans certaines matières où il excelle et pas dans d’autres. Les notes ne sont pas si importantes, la progression de son évaluation et de son PEI est beaucoup plus importante, c’est là-dessus que les décisions doivent se prendre.

  

2.3 -  Troisième cycle : challenge
 

      Le troisième cycle est un challenge car il s’agit maintenant, toujours en adaptant, que l’enfant porteur d’autisme, acquière toutes les connaissances exigées en CE2. Il devra suivre toutes les activités, toute la journée, pour éviter des « trous » dans ses apprentissages. Il aura acquis une certaine routine de l’école et bien des difficultés rencontrées en maternelle ne seront qu’un mauvais souvenir. Les parents restent vigilants et actifs. Toutes les suggestions apportées par les parents devront être essayées par les enseignants.

            Les notes deviennent obligatoires mais il se pourra qu’un trimestre voit un trou dans les notes d’une matière. Cela n’est pas grave si l’ensemble montre une progression. On sait que cet enfant aura la capacité de rattraper ses lacunes plus tard. Dans certaines matières l’enfant peut garder des lacunes pendant des années avant de les rattraper une année parce qu’il aura suffisamment répété les exercices.

             Les enseignants ne tiendront pas compte des évaluations faites en début d’année de CE2, exigées par l’Education Nationale. Nos enfants peuvent les faire comme un exercice mais pas comme un contrôle réel de leurs connaissances. On sait pertinemment qu’ils ne feront pas tous les exercices de cette évaluation car il faut encore qu’ils comprennent les consignes. Un mot non connu dans la consigne et l’exercice ne peut être fait. Ils se bloquent et s’arrêtent.

  

2.4 – Participation active à l’association des parents d’élèves de l’école

 

            Les parents qui ont des enfants en difficulté ont tout intérêt à se présenter pour participer au Conseil d’Administration de l’association des parents d’élèves. En effet, ils auront d’abord une vision de l’école différente car vue de l’intérieur. Ensuite ils pourront apporter une information au sein de l’association sur la spécificité du handicap de leur enfant. Les autres parents regarderont moins comme une famille bizarre les parents de cet enfant aux comportements étranges.

             Ils peuvent aussi faire partie d’une commission consacrée aux enfants différents (JED : Jeunes Et leurs Difficultés, dans les écoles privées). Grâce à cette commission, ils pourront mieux faire connaître le handicap de leur enfant et organiser des conférences sur ce sujet et par la même occasion sur d’autres sujets qui intéressent les parents concernés. Par exemple on peut organiser une conférence dans l’école sur les enfants précoces, sur la dyslexie et intéresser d’autres parents.

            La vie active de l’école permettra aux parents d’un enfant porteur d’autisme de s’intégrer plus et de mieux se faire connaître et faire connaître son enfant. Ils pourront se faire mieux apprécier par la directrice de l’école pour leurs actions. Au sein de l’association on trouve beaucoup de parents qui travaillent, les réunions se faisant le soir et les conférences pouvant se faire le samedi.

  

2.5 - Avantages pour les éléves de la classe

        Les élèves de la classe n’ont en général pas de problème avec un enfant différent.

            Dans chaque classe on trouvera des enfants qui aideront spontanément l’enfant avec autisme. Ils apprendront, grâce à cet enfant, à prendre le côté positif des gens et à aider quand il le faut. Ils se formeront par la force des choses au handicap d’autisme et seront à l’âge adulte plus accueillants pour les personnes avec un handicap en général. Les enfants porteurs de handicap apportent une excellente leçon de vie aux autres enfants et les préparent à leur vie d’adultes  responsables. Des enfants peu sûrs d’eux, vont être valorisés en aidant l’enfant avec autisme. Ils vont avoir une meilleure confiance en eux et une meilleure idée d’eux-mêmes. L’image que vont leur renvoyer les autres d’eux-mêmes va être plus positive.

            Si la classe est bien préparée et s’il s’agit du même groupe classe depuis la maternelle les enfants vont s’habituer et être fiers lorsqu’ils constateront une progression chez l’enfant avec autisme. Comme s’ils sentaient qu’ils y étaient pour quelque chose. Cette satisfaction retentira chez eux auprès de leurs parents qui seront très contents de l’expérience vécue par leur enfant à l’école.


 

 

2.6 – Aide humaine pour la compréhension des consignes et anticipation des réactions de l’enfant face à son environnement

  

Tout ceci ne peut se faire sans une aide humaine à un moment donné, dans une classe particulièrement ou dans plusieurs classes successives.

              En maternelle l’aide humaine évitera les comportements gênants ou perturbants. En primaire l’accompagnant aidera l’enfant dans ses activités scolaires, soit pour copier des textes au tableau (si difficultés motrices) soit pour indiquer le bon cahier pour travailler, soit pour redonner la consigne de l’enseignant  en la découpant en plusieurs consignes plus simples. Dans la cour de récréation l’accompagnant sera d’une grande utilité pour éviter les réactions exagérées de l’enfant porteur d’autisme face aux stimulations de ses pairs. En effet, il risque de vouloir jouer avec les autres sans savoir comment faire ou en voulant diriger et contrôler les jeux ce qui va ennuyer les autres enfants au bout d’un certain temps et créer des réactions violentes de part et d’autres. Il risque aussi d’être sollicité par ses pairs mais ne pas savoir comment leur dire qu’il veut être seul. L’accompagnant va alors anticiper les problèmes dus à une communication inadéquate ou incomprise. La cour de récréation est le pire endroit pour un enfant porteur d’autisme car il n’y a plus de repères stricts de l’espace et les règles sont indéfinies. Les enfants sont libres et s’inventent leurs propres règles. Elles ne sont pas comprises par l’enfant porteur d’autisme et il se retrouve dans un gouffre, sans repères ni règles. Il aura besoin d’un guide pour comprendre et se faire comprendre par ses pairs. En CM2 le comportement des enfants en cour de récréation se fait moins bienveillant à l’égard de l’enfant avec autisme et préfigure les problèmes qui seront rencontrés au collège.  Tout ceci ne peut se faire sans une aide humaine à un moment donné, dans une classe particulièrement ou dans plusieurs classes successives.

                 En maternelle l’aide humaine évitera les comportements gênants ou perturbants. En primaire l’accompagnant aidera l’enfant dans ses activités scolaires, soit pour copier des textes au tableau (si difficultés motrices) soit pour indiquer le bon cahier pour travailler, soit pour redonner la consigne de l’enseignant  en la découpant en plusieurs consignes plus simples.

                  Dans la cour de récréation l’accompagnant sera d’une grande utilité pour éviter les réactions exagérées de l’enfant porteur d’autisme face aux stimulations de ses pairs. En effet, il risque de vouloir jouer avec les autres sans savoir comment faire ou en voulant diriger et contrôler les jeux ce qui va ennuyer les autres enfants au bout d’un certain temps et créer des réactions violentes de part et d’autres. Il risque aussi d’être sollicité par ses pairs mais ne pas savoir comment leur dire qu’il veut être seul. L’accompagnant va alors anticiper les problèmes dus à une communication inadéquate ou incomprise. La cour de récréation est le pire endroit pour un enfant porteur d’autisme car il n’y a plus de repères stricts de l’espace et les règles sont indéfinies. Les enfants sont libres et s’inventent leurs propres règles. Elles ne sont pas comprises par l’enfant porteur d’autisme et il se retrouve dans un gouffre, sans repères ni règles. Il aura besoin d’un guide pour comprendre et se faire comprendre par ses pairs. En CM2 le comportement des enfants en cour de récréation se fait moins bienveillant à l’égard de l’enfant avec autisme et préfigure les problèmes qui seront rencontrés au collège. 

 3. DEGRE : COLLEGE ET LYCEE

  3. 1 – Information des enseignants, chefs d’établissement et personnel encadrant (BDI, surveillants) à la pré-rentrée

             Le collège est le passage scolaire le plus difficile car il s’agit d’adolescents, avec leurs problèmes existentiels et leurs caractères qui s’affirment. Les professeurs ont déjà beaucoup à faire avec eux et l’annonce d’un jeune avec autisme dans leur classe ne les réjouit pas.

               Il va falloir compter sur un chef d’établissement qui accepte de relever le défi et sur une équipe d’enseignants qui y croient. Mes nombreuses expériences d’établissements ouverts sur le handicap me font dire qu’il vaut mieux des enseignants qui ne connaissent pas du tout l’autisme que des enseignants qui connaissent ce handicap de près ou de loin (leur famille ou leurs amis très proches). Pour de multiples raisons (jalousie parce que, eux, n’ont pas réussi, cas sévères, mauvaises expériences) ceux qui connaissent déjà ce handicap vont démoraliser toute une équipe au point que l’accueil ne se fera pas, même si le chef d’établissement était ouvert au départ. Il faut prévenir les mauvaises langues et intervenir pour information avant la rentrée des classes. Soit les parents donnent le cours aux professeurs, eux-mêmes, soit la psychologue formée à l’autisme le donne à leur place, sachant qu’il est toujours bon que les parents soient présents à ce cours pour répondre à des questions personnelles sur l’élève accueilli.

 

3. 2 – Prendre rendez-vous rapidement après la rentrée avec chaque professeur pour remédiation

              Pour que les mauvaises habitudes ne s’installent pas du côté de l’élève porteur d’autisme et du côté des professeurs, les parents vont prendre, rapidement après la rentrée, un rendez-vous avec chacun des professeurs. Les parents pourront ainsi travailler avec leur enfant des points importants comme savoir trouver une information dans un texte d’histoire, ou apprendre par cœur les règles de grammaire pour savoir les réécrire sur les contrôles. Les jeunes avec autisme ne notent pas tout ce qu’il faut faire ou n’entendent pas toutes les informations que les professeurs vont donner. Il est bon que les parents sachent comment faire travailler leur enfant par rapport aux exigences des professeurs, et les professeurs seront contents de voir que les parents veulent savoir ce qu’ils exigent de leurs élèves.   Des concessions pourront être faites si certaines exigences sont trop compliquées ou difficiles à mettre en œuvre pour l’enfant atteint d’autisme.

3.3 – Information dans les classes pour les élèves en présence du professeur principal pour prévenir les difficultés de compréhension réciproque dans la cour.

 

 La cour de récréation reste un lieu difficile pour les élèves atteints d’autisme. Les préoccupations des adolescents ne sont plus le mêmes et les jeunes atteints d’autisme se retrouvent en décalage s’ils ne sont pas encore préoccupés par le sexe opposé (ce qui se retrouve souvent chez les jeunes plutôt « intellectuels »).

            Il faut qu’une personne compétente dans ce handicap fasse un cours sur le syndrome d’Asperger en s’appuyant sur le livre de Carol Gray « Apprivoiser la jungle de la cour de récréation ». Un cours pratique de sensibilisation donné aux élèves permet de leur donner les informations pour avoir une relation correcte avec l’élève atteint d’autisme. On s’aperçoit que c’est surtout la maladresse et l’ignorance qui empêchent les autres élèves de s’en faire un copain d’école à part entière

                  On leur explique d’abord qu’on va leur apprendre un 6ème sens qu’ils ne connaissent pas. On leur demande d’énumérer les 5 sens qu’ils connaissent et on s’arrête un peu plus longtemps sur les deux sens intéressants en ce qui concerne les handicaps : l’ouïe et la vue. Nous cherchons ensemble ce qu’apportent ces sens et ce qui peut aider les personnes qui en sont dépourvus. Puis on fait faire 3 petits exercices aux élèves, exercices pratiques, pour qu’ils découvrent le sens social (6ème sens) que nous avons tous naturellement et automatiquement mais que les enfants autistes n’ont pas. On leur explique qu’il faut apprendre ce sens automatique (chez nous) aux enfants autistes. On écrit au tableau, en encadrant bien les 3 perceptions qui font défaut chez les enfants autistes. Puis nous cherchons ensemble ce que nous pourrions trouver comme aides par rapport à ce sens social qu’ils n’ont pas.

             A ce cours assistent le professeur principal de chaque classe et d’autres profs que ça intéresse.

Deux choses sont révélées aux professeurs principaux :


            1 – Que certains élèves présentent des légers troubles de type autistique. Ils ne comprennent pas un des exercices que je fais faire (sur la théorie de l’esprit) et sont troublés par la ressemblance avec leur problème (problème confirmé par le prof qui ne savait pas vraiment comment l’aborder et ne savait pas non plus que cela pouvait être une forme légère d’autisme).

            2 – Les « cancres » ou « non scolaires » qui d’habitude ne participent pas et perturbent la classe et qui, à mon cours, participent intelligemment et s’intéressent énormément en posant des questions pertinentes. Ces élèves vont être regardés par les profs ensuite d’un autre œil. Leur intelligence non scolaire est mise en évidence.

  



3. 4. - Evaluation continue pour mieux "piloter"

 

 Une évaluation au cours de l’année devra être faite pour savoir où il faut plus particulièrement travailler. L’élève aura de toutes façons des notes comme les autres, même si, pour certains contrôles il est possible de lui donner plus de temps, ou de lui redonner l’explication plus simple d’une consigne sur laquelle il bloque.



3. 5. - Fin de 5ème : possibilité de continuer ou aller en 4ème d'Aide et de Soutien

  


3.6. - Fin de 4 ème: possibilité de continuer ou se diriger vers une classe technique

  

 Il est toujours possible de réorienter l’élève atteint d’autisme mais toujours dans le circuit scolaire. Il pourra, en fin de 5ème, être dirigé vers une 4ème d’Aide et de Soutien où il aura plus de pratiques professionnelles dans ses cours, trois stages pratiques de 15 jours dans l’année et où il pourra se sentir valorisé par rapport à ses compétences. Il pourra, en fin de 4ème, être dirigé vers une préparation de BEP.

            Les classes à éviter avec les jeunes atteints d’autisme sont les classes où se retrouvent des jeunes ayant des problèmes sociaux ou violents. Les jeunes atteints d’autisme ne pourraient pas comprendre leurs difficultés et ne seraient pas armés pour leur répondre. Ils prennent souvent tout au pied de la lettre et ne verraient pas les pièges que leur tendraient les jeunes adolescents neurotypiques. Il leur faut un environnement sécurisant et qu’ils peuvent comprendre et gérer, avec ou sans aide.

3. 7 - Aborder la sexualité et les sentiments

          Lorsqu’on aborde le collège et le lycée viennent se greffer sur les problèmes purement scolaires et de compréhension sociale les problèmes dus à la sexualité qui s’éveille.

Comme je l’ai déjà signalé, certains jeunes atteints d’autisme n’en seront pas inquiétés avant le lycée et resteront indifférents au sexe opposé, d’autres au contraire vont s’y intéresser dès la 6ème et de façon très directe. Ils vont être trop entreprenants ou « collants » et ne vont plus écouter les cours ou ne vont plus pouvoir se concentrer pour les contrôles. Il va falloir donc que les parents se forment, encore une fois, à cet aspect du développement car parler de sexualité avec son jeune adolescent atteint d’autisme va être difficile pour les pères. En effet les jeunes neurotypiques apprennent plus ou moins seuls ou avec les copains, ils devinent les comportements à adopter face au sexe opposé, et se copient. Les jeunes avec autisme vont avoir besoin d’explications concrètes et de dessins (voir Isabelle Hénault).

 

EDITH VALENT

 

 

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